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Semaine du 18 au 24 mai 2026
ÉDITORIAL
"Ouvrir des chemins, ensemble"
L’actualité des outre-mer et Hexagone,
analysée avec rigueur, éclairée par la clarté
et portée par l’espoir.
By Média Caraïbes
N° 35 - Semaine du 18 au 24 mai 2026
Mémoire, ambition et affirmation des territoires.
Bonjour, Bonsoir,
L’actualité ultramarine témoigne d’une même dynamique : celle de territoires qui entendent prendre toute leur place dans les grands enjeux de leur époque, qu’ils soient environnementaux, économiques, culturels ou européens.
En Guadeloupe, l’élection de Mme Nicole Erdan à la présidence du Parc national marque une étape historique. Première femme à accéder à cette responsabilité, elle incarne une nouvelle génération de gouvernance fondée sur le dialogue territorial, la proximité et la préservation d’un patrimoine naturel exceptionnel.
Dans le même temps, l’ouverture prochaine d’un campus Vatel en Guadeloupe illustre une conviction partagée par de nombreux acteurs économiques : l’avenir du tourisme antillais passera par l’excellence de la formation et la valorisation des talents locaux.
En Martinique, les débats institutionnels et européens occupent une place centrale. L’adoption unanime d’une motion en faveur des Régions ultrapériphériques rappelle combien les décisions prises à Bruxelles influencent concrètement le développement économique, agricole, maritime et social des territoires ultramarins. La relance du projet d’hymne martiniquais témoigne quant à elle d’une volonté de poursuivre la réflexion sur l’identité culturelle et la représentation symbolique de l’île, dans un cadre démocratique et participatif.
À l’échelle nationale et européenne, les Outre-mer continuent de porter leurs spécificités sur la scène publique. Les missions parlementaires européennes attendues aux Antilles illustrent l’attention croissante portée à des sujets aussi concrets que les sargasses, le coût de la vie ou l’adaptation du marché unique aux réalités insulaires. Dans le même esprit, la remise à l’Élysée d’une plaque mémorielle rappelant les liens historiques entre l’esclavage colonial et certains lieux emblématiques de la République participe à un travail de connaissance et de transmission désormais pleinement inscrit dans le débat public.
Au fil de ces événements se dessine une même exigence : préparer l’avenir sans renoncer à comprendre le passé, développer les territoires sans oublier leurs singularités, construire des perspectives nouvelles tout en valorisant les ressources humaines, culturelles et naturelles qui font leur richesse.
C’est cette ambition d’équilibre entre mémoire, transmission, innovation et développement que l’Hebdo Outre-mer continue de mettre en lumière chaque semaine.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Ce que nous avons retenu de cette semaine :
Guadeloupe :
Environnement : Mme Nicole Erdan élue présidente du Parc national de la Guadeloupe, une première historique.
Tourisme : un campus Vatel ouvrira ses portes en Guadeloupe.
Martinique :
Budget Européen : La Martinique défend les intérêts des régions ultrapériphériques.
Société : La Martinique relance la consultation pour choisir un hymne officiel.
Hexagone (Paris) :
Europe : des Députés européens attendus aux Antilles pour examiner plusieurs dossiers stratégiques
Esclavage : une plaque à l’Élysée rappelle les liens historiques entre esclavage colonial et construction du palais
📊 1,3 million
C’est le nombre de passagers accueillis dans les aéroports de Polynésie française en 2025. Un record qui confirme l’attractivité du territoire dans le Pacifique et le rôle moteur du tourisme dans l’économie locale.
📊 +12 %
C’est la progression des capacités de production solaire installées dans les Outre-mer au cours des douze derniers mois. De la Réunion à la Guyane, les investissements dans les énergies renouvelables accélèrent la transition énergétique des territoires insulaires et isolés.
📊 84 %
C’est la part des Français de l’Hexagone qui déclarent considérer la protection de l’environnement comme une priorité importante pour les années à venir. Une préoccupation qui continue d’influencer les choix de consommation, de mobilité et les attentes vis-à-vis des politiques publiques.
Guadeloupe
Parc National de la Guadeloupe
Contact Tél. : 590 41 55 55
Guadeloupe : Mme Nicole Erdan, première femme à la tête du Parc national de la Guadeloupe.
Une nouvelle page s’ouvre pour le Parc national de la Guadeloupe. Le 21 mai 2026, Mme Nicole Erdan a été élue présidente de l’établissement, devenant la première femme à accéder à cette responsabilité depuis sa création. Cette élection marque un tournant symbolique pour une institution au cœur des enjeux environnementaux de l’archipel.
Forte de quarante années d’expérience au sein des politiques publiques liées à l’environnement, notamment à la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL), Mme Nicole Erdan arrive à la présidence avec une connaissance approfondie des réalités du territoire. Son parcours professionnel et son engagement dans les questions de transition écologique lui confèrent une légitimité reconnue par de nombreux acteurs locaux.
Élue au second tour avec 28 voix contre 20 pour M. David Nebor, Maire de Petit-Bourg, elle succède à M. Ferdy Louisy, figure historique du Parc national qui en assurait la présidence depuis plus de deux décennies. Cette transition intervient dans un contexte où les attentes sont fortes concernant la préservation de la biodiversité, l’adaptation au changement climatique et l’accompagnement des collectivités dans leurs projets de développement durable.
Dans sa première déclaration, la nouvelle présidente a placé son mandat sous le signe de la proximité et du dialogue.
Elle souhaite renforcer les liens entre l’établissement, les communes, les associations, les scientifiques et les habitants afin de construire une gouvernance plus participative. Son objectif est également d’assurer une présence accrue sur le terrain pour mieux répondre aux besoins des territoires concernés.
À l’heure où la Guadeloupe doit concilier préservation de ses richesses naturelles et développement économique, Mme Nicole Erdan entend faire du Parc national un acteur central de cette équation. Les dix-sept prochains mois, avant le renouvellement général de la gouvernance prévu en 2027, constitueront une première étape importante pour concrétiser cette ambition.
Guadeloupe : Former les talents du tourisme de demain, le pari de M. Enguerrand Fabre et de Vatel Guadeloupe.
Le tourisme demeure l’un des piliers économiques des Antilles françaises. Pourtant, derrière les chiffres de fréquentation et les projets hôteliers, un défi essentiel se pose : celui de la formation des professionnels appelés à faire vivre cette industrie dans les décennies à venir.
C’est dans cette perspective que le groupe GFD, dirigé par M. Enguerrand Fabre, poursuit le développement du réseau Vatel aux Antilles avec l’ouverture prochaine d’un campus en Guadeloupe. Après l’expérience martiniquaise lancée en 2020, cette nouvelle implantation à Jarry doit permettre à davantage de jeunes d’accéder localement à une formation reconnue à l’échelle internationale.
Pour M. Enguerrand Fabre, la qualité de l’accueil, du management et du service constitue désormais l’un des principaux facteurs de différenciation des destinations touristiques. Si les paysages naturels demeurent un atout majeur, l’expérience vécue par les visiteurs repose aussi sur les compétences des équipes qui les accueillent.
Le campus guadeloupéen accueillera ses premiers étudiants dès septembre prochain. Les formations proposées couvriront les domaines du management hôtelier, de la restauration, de l’événementiel et du tourisme. Au-delà des enseignements académiques, l’école s’appuie sur une pédagogie fortement connectée au monde professionnel grâce aux stages et aux partenariats avec les entreprises du secteur.
Cette implantation répond également à une attente forte des familles et des jeunes qui souhaitent construire leur parcours professionnel sans être contraints de quitter leur territoire. Dans une région confrontée à la mobilité des talents, la formation locale apparaît comme un levier stratégique de développement.
L’ouverture de Vatel Guadeloupe (Septembre 2026) illustre ainsi une conviction simple : l’avenir du tourisme antillais dépendra autant de la qualité de ses infrastructures que de la compétence des femmes et des hommes qui feront vivre cette filière.
Martinique : budget européen, la Martinique veut faire entendre la voix des régions ultrapériphériques.
Alors que l’Union Européenne prépare son futur cadre financier pour la période 2028-2034, la Martinique entend peser pleinement dans les discussions. Réunis en séance plénière, les élus de la Collectivité territoriale ont adopté à l’unanimité une motion destinée à défendre les intérêts de l’île et, plus largement, ceux de l’ensemble des régions ultrapériphériques européennes.
Derrière les débats institutionnels se cachent des enjeux très concrets pour le quotidien des habitants. Les fonds européens financent aujourd’hui de nombreux projets liés aux infrastructures, à l’emploi, à la formation, à l’environnement ou encore au développement économique. Pour des territoires confrontés à l’éloignement géographique et à des contraintes structurelles particulières, ces ressources constituent un outil essentiel.
La motion adoptée par l’Assemblée Martiniquaise insiste notamment sur le maintien des dispositifs spécifiques accordés aux régions ultrapériphériques. Les élus demandent également le renforcement du programme POSEI, destiné à soutenir l’agriculture locale, ainsi que la création d’un mécanisme comparable pour la pêche et l’aquaculture.
L’enjeu est également politique. Les collectivités ultramarines souhaitent conserver leur capacité à gérer directement les fonds européens afin de mieux adapter les dispositifs aux réalités locales. Cette proximité est considérée comme un facteur déterminant d’efficacité et de réactivité.
Au-delà des chiffres budgétaires, la démarche Martiniquaise traduit une volonté de faire reconnaître pleinement les spécificités des territoires ultramarins au sein du projet européen. Une bataille discrète mais essentielle pour l’avenir économique et social de la région.
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11 avr. 2025 | 29ème Conférence des Présidents des RUP
Président du Conseil Exécutif de Martinique
M. Serge LETCHIMY
Un hymne pour la Martinique : entre mémoire, culture et identité collective
La Martinique relance un débat qui traverse son histoire contemporaine : celui de la création d’un hymne officiel. Les élus de la Collectivité territoriale ont approuvé le principe d’une nouvelle consultation citoyenne destinée à permettre aux Martiniquais de participer au choix de ce symbole.
L’initiative intervient après plusieurs procédures annulées par la justice administrative pour des questions de forme. Malgré ces revers, la volonté politique demeure intacte. Pour les responsables de la collectivité, il s’agit avant tout d’un projet culturel visant à valoriser l’identité Martiniquaise dans toute sa diversité.
La question des symboles occupe une place particulière dans les sociétés ultramarines. Drapeaux, hymnes et emblèmes participent à l’expression d’une histoire, d’une mémoire collective et d’un sentiment d’appartenance. En Martinique, ces sujets suscitent régulièrement des débats passionnés, reflet de sensibilités parfois différentes mais d’un même attachement au territoire.
M. Serge Letchimy insiste sur le fait que cette démarche ne remet nullement en cause l’appartenance à la République française. Elle vise plutôt à donner à la Martinique un marqueur culturel capable d’accompagner les représentations sportives, artistiques ou institutionnelles de l’île.
La future consultation devra permettre de bâtir un consensus autour d’un hymne susceptible de rassembler les Martiniquais autour d’un patrimoine commun et d’une expression partagée de leur identité.
En savoir plus sur la CTM
L’Europe à l’écoute des Antilles : une double mission parlementaire sur le terrain
Rarement les institutions européennes auront porté une attention aussi directe aux réalités des Antilles françaises. À la fin du mois de mai, deux délégations du Parlement européen se rendront simultanément en Guadeloupe, à Saint-Martin et en Martinique afin d’évaluer plusieurs problématiques majeures pour les territoires ultramarins.
En Guadeloupe et à Saint-Martin, les élus examineront les conséquences des échouages massifs de sargasses. Depuis plus d’une décennie, ces algues brunes affectent durablement le littoral, la santé publique, le tourisme et certaines activités économiques. Les parlementaires visiteront les zones les plus touchées et rencontreront les acteurs engagés dans la recherche de solutions innovantes de collecte et de valorisation.
La mission s’intéressera également au fonctionnement de l’octroi de mer, dispositif fiscal souvent présenté comme un outil de soutien à la production locale mais régulièrement débattu en raison de son impact sur les prix.
Parallèlement, une seconde délégation étudiera en Martinique les conditions d’application du marché unique européen dans les régions ultrapériphériques. Les échanges porteront notamment sur le coût de la vie, la concurrence, l’approvisionnement et l’accès aux biens et services.
Au-delà de leur dimension technique, ces visites témoignent d’une volonté croissante des institutions européennes de mieux appréhender les réalités spécifiques des territoires éloignés du continent.
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24 avr. 2019 | Députés français ou européens : qui a le plus de pouvoir ?
Une plaque à l’Élysée pour rappeler l’histoire de l’esclavage dans la construction de la France
L’histoire nationale se construit aussi à travers les lieux de mémoire. À l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la loi Taubira, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage a remis au Président de la République une plaque commémorative destinée à rappeler les liens historiques entre l’économie esclavagiste et la construction du Palais de l’Élysée.
Cette initiative s’appuie sur des travaux historiques montrant que la fortune ayant permis l’édification de l’ancien Hôtel d’Évreux provenait en partie des activités coloniales et esclavagistes développées au XVIIIᵉ siècle par le financier Antoine Crozat. Ce patrimoine immobilier est devenu, au fil du temps, la résidence officielle des Présidents de la République française.
La démarche ne vise pas à condamner un lieu mais à enrichir la compréhension de son histoire. Pour la Fondation, il s’agit de rappeler combien l’esclavage colonial a contribué à façonner l’économie, les institutions et les équilibres sociaux de la France moderne.
Lors de la cérémonie, Mme Christiane Taubira et M. Emmanuel Macron ont tous deux souligné l’importance de la transmission historique. Le chef de l’État a notamment défendu une approche fondée sur la connaissance et l’explication plutôt que sur l’effacement des traces du passé.
Au-delà de la mémoire, cet hommage rappelle également l’importance de transmettre aux nouvelles générations l’histoire des luttes pour la liberté, l’égalité et la dignité humaine.
Vingt-cinq ans après la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité, cette plaque s’inscrit dans un travail mémoriel plus large destiné à mieux comprendre les héritages d’une histoire qui continue d’éclairer les débats contemporains sur la mémoire, l’égalité et la citoyenneté.
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21 mai 2026 | Cérémonie du 25e anniversaire de la loi Taubira.
Outre-mer : entre défis à relever et horizons à ouvrir
L’actualité des Outre-mer nous rappelle combien nos territoires avancent, innovent et construisent leur avenir avec détermination.
De la Guadeloupe à la Martinique, les initiatives présentées dans ce numéro témoignent d’une même volonté : préparer demain. Former les jeunes aux métiers du tourisme, renforcer la protection de l’environnement, défendre les intérêts des Régions ultrapériphériques auprès de l’Union européenne ou encore réfléchir aux symboles qui expriment l’identité d’un peuple sont autant de démarches qui participent à la construction collective de nos sociétés.
L’Europe, justement, tourne son regard vers les Antilles avec plusieurs missions parlementaires appelées à mesurer les réalités du terrain, qu’il s’agisse des sargasses, du coût de la vie ou des spécificités économiques des territoires ultramarins. Une occasion importante de faire entendre la voix de celles et ceux qui vivent quotidiennement les défis de l’éloignement et de l’insularité.
Ce numéro est également marqué par le travail de mémoire. La remise d’une plaque commémorative à l’Élysée à l’occasion des 25 ans de la loi Taubira rappelle que la connaissance de notre histoire demeure indispensable pour comprendre le présent et construire un avenir fondé sur la reconnaissance, le respect et la transmission.
Enfin, en ce week-end de Pentecôte qui voit également s’ouvrir l’édition 2026 de Roland-Garros, nous adressons nos encouragements à tous les sportifs ultramarins engagés dans les compétitions nationales et internationales. Leur parcours illustre, à sa manière, les valeurs d’effort, de persévérance et de dépassement de soi qui animent nos territoires.
Plus que jamais, l’actualité ultramarine montre que les défis existent, mais que les solutions naissent souvent de l’engagement local, de l’innovation et de la confiance dans les générations qui viennent.
Merci de votre fidélité et à très bientôt pour un nouveau numéro de l’Hebdo Outre-mer.
La rédaction de Média Caraïbes
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