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10 mai : une journée nationale pour faire vivre la mémoire de l’esclavage
10 mai 2026
Les 25 ans de la loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité
une journée nationale pour faire vivre la mémoire de l’esclavage
By Média Caraïbes
Paris - le 10 mai 2026
Que commémore le 10 mai ?
Le 10 mai est consacré à la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette date rend hommage aux millions d’hommes, de femmes et d’enfants arrachés au continent africain entre le XVe et le XIXe siècle, puis déportés à travers l’Atlantique afin d’être réduits en esclavage dans les colonies des Amériques et de la Caraïbe.
Cette journée nationale rappelle l’ampleur d’un système fondé sur la négation de la dignité humaine et reconnu aujourd’hui comme un crime contre l’humanité. Elle constitue également un temps de transmission, de réflexion et de recueillement autour des mémoires de l’esclavage et de ses héritages contemporains.
Chaque année, des cérémonies commémoratives sont organisées à travers la France et les territoires ultramarins en lien avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Dans les établissements scolaires, cette date permet aussi de sensibiliser les jeunes générations aux valeurs de liberté, d’égalité et de respect de la personne humaine.
Le 10 mai met également en lumière de nombreuses initiatives éducatives et culturelles, parmi lesquelles le concours scolaire « La Flamme de l’égalité », porté notamment par le ministère des Outre-mer et la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.
Pourquoi la date du 10 mai a-t-elle été choisie ?
La Journée nationale du 10 mai existe officiellement depuis 2006. Cette date a été retenue par le Président M. Jacques Chirac sur proposition du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, alors présidé par l’écrivaine Mme Maryse Condé.
Le choix du 10 mai fait référence à une étape majeure de l’histoire mémorielle française : l’adoption définitive par le Sénat, le 10 mai 2001, de la loi dite « Taubira », reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
Cette décision a marqué une avancée historique dans la reconnaissance officielle des souffrances vécues par les peuples victimes de l’esclavage et dans le devoir de mémoire porté par la République.
La Loi TAUBIRA - N° 2001-434 - 21 MAI 2021
Mme Christiane TAUBIRA
Que prévoit la loi Taubira ?
Adoptée le 21 mai 2001, la loi portée par la députée de Guyane, Mme Christiane Taubira constitue un texte majeur dans l’histoire contemporaine française.
Par cette loi, la République française reconnaît officiellement que la traite négrière transatlantique, la traite dans l’océan Indien ainsi que l’esclavage pratiqué à partir du XVe siècle contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité.
La loi prévoit également que l’histoire de la traite et de l’esclavage occupe une place importante dans les programmes scolaires et dans les travaux de recherche universitaire. Elle encourage enfin une reconnaissance internationale de ces crimes auprès des grandes organisations mondiales.
Au-delà de sa portée juridique, la Loi Taubira a permis d’ouvrir un espace de dialogue, de transmission et de reconnaissance autour d’une mémoire longtemps restée marginalisée.
Les autres dates de commémoration de l’abolition de l’esclavage
En France et dans les territoires ultramarins, plusieurs dates rappellent l’abolition effective de l’esclavage selon les réalités historiques propres à chaque territoire.
Si le décret d’abolition porté par Victor Schœlcher est signé le 27 avril 1848, son application a connu des temporalités différentes dans les colonies françaises. C’est pourquoi plusieurs journées commémoratives locales existent aujourd’hui :
• le 27 avril à Mayotte ;
• le 22 mai en Martinique ;
• le 27 mai en Guadeloupe ;
• le 10 juin en Guyane ;
• le 20 décembre à La Réunion.
Ces journées, reconnues par la loi du 30 juin 1983, sont devenues des jours fériés locaux et occupent une place essentielle dans la mémoire collective des territoires concernés.
Elles témoignent de l’importance de préserver l’histoire, de transmettre les héritages culturels issus de ces combats et de faire vivre les valeurs de liberté et de dignité humaine qui continuent de rassembler les sociétés ultramarines aujourd’hui.
Les 25 ans de la loi Taubira : reconnaître l’histoire pour construire l’avenir
En 2026, le Temps des Mémoires met à l’honneur les 25 ans de la loi Taubira, texte fondateur par lequel la France a officiellement reconnu la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
Adoptée par le Parlement le 10 mai 2001 puis promulguée le 21 mai de la même année, cette loi marque une étape historique dans la reconnaissance des souffrances liées à l’esclavage colonial. Elle symbolise une volonté collective d’affronter l’histoire avec lucidité afin de transmettre une mémoire partagée aux générations futures.
Portée par Mme Christiane Taubira, alors députée de Guyane, cette avancée législative a profondément transformé le regard porté sur l’histoire de l’esclavage en France. À travers ce texte, la République affirme la nécessité du devoir de mémoire et reconnaît officiellement l’ampleur humaine, sociale et culturelle de cette tragédie historique.
Mme Christiane Taubira résumait ainsi l’enjeu de cette démarche mémorielle :
« La loi crée la possibilité de cesser d’échapper au passé. Le passé court dans les veines du présent, même si le présent le refuse ou l’ignore. »
À l’occasion de cet anniversaire, plusieurs initiatives culturelles et audiovisuelles viennent rappeler l’importance de cette loi dans la construction de la mémoire collective française.
Parmi elles, le documentaire « Christiane Taubira : une loi pour mémoire », réalisé par Mme Mathilde Damoisel à partir d’une idée originale d’Aïssata Seck, revient sur le combat politique et humain ayant conduit à l’adoption de cette loi historique.
Produit par Timeless Media, Axe Sud et la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, le film retrace les différentes étapes du parcours législatif : les débats parlementaires, les résistances rencontrées, mais aussi les soutiens et mobilisations qui ont permis l’adoption du texte.
Le documentaire donne également la parole à des historiens, responsables associatifs, parlementaires et descendants d’esclaves afin d’éclairer les conséquences concrètes de cette reconnaissance mémorielle sur la société française contemporaine.
Au-delà de l’aspect historique, cette œuvre interroge des questions toujours actuelles : comment construire une mémoire commune ? Quelle place accorder à l’histoire de l’esclavage dans le récit national ? Et surtout, que signifie aujourd’hui la reconnaissance officielle d’un crime contre l’humanité pour les descendants des peuples concernés ?
À travers cette commémoration des 25 ans de la loi Taubira, c’est aussi un message de transmission, de justice et de dignité humaine qui continue d’être porté dans toute la société française et dans les territoires ultramarins.
Illustration vidéo
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Le Mémorial national des victimes de l’esclavage
Jardin mémoriel du Trocadéro
un futur lieu de transmission et de recueillement
Le projet de Mémorial national des victimes de l’esclavage constitue l’une des grandes initiatives mémorielles engagées par la République française afin d’honorer la mémoire des femmes, des hommes et des enfants victimes de l’esclavage colonial.
Initialement proposé en 2016 par le CM98 au Président, M. François Hollande, ce projet a ensuite été soutenu au plus haut niveau de l’État. Le 27 avril 2018, à l’occasion du 170ᵉ anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le président Emmanuel Macron avait exprimé sa volonté de voir la République rendre hommage aux esclaves eux-mêmes :
« Je souhaite aussi que la République se souvienne des esclaves eux-mêmes […]. Pour que jamais ne s’efface leur souffrance, je soutiens le projet d’ériger à Paris un mémorial national qui rende hommage à ces victimes. »
Un jardin mémoriel au cœur du Trocadéro
Depuis juillet 2023, la réalisation du Mémorial est conduite par un comité de pilotage coprésidé par le ministère des Outre-mer et le professeur, M. Serge Romana, président de la Fondation Esclavage et Réconciliation.
Le futur mémorial prendra la forme d’un vaste jardin mémoriel de 4 000 m² situé dans les jardins du Trocadéro, à Paris, dans l’aile Passy. Ce lieu hautement symbolique accueillera un espace de mémoire, de transmission et de réflexion consacré à l’histoire de l’esclavage colonial.
La conception du projet a été confiée au paysagiste, M. Michel Desvigne et à l’architecte M. Philippe Prost à l’issue d’une consultation nationale menée en 2024.
Ce choix architectural vise à créer un espace sobre et profondément humain, invitant au recueillement tout en inscrivant cette mémoire dans le paysage républicain français.
Les noms des « nouveaux libres » au cœur du mémorial
L’élément central du mémorial reposera sur l’inscription des noms et prénoms de plus de 216 000 personnes affranchies après le décret d’abolition du 27 avril 1848.
Ces femmes et ces hommes, appelés les « nouveaux libres », vivaient en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Saint-Martin. Pour beaucoup d’entre eux, l’attribution d’un nom de famille a marqué le début d’une existence reconnue officiellement après des siècles de déshumanisation.
Ce travail de mémoire exceptionnel a été rendu possible grâce à plus de trente années de recherches menées par plusieurs associations mémorielles, des historiens, des chercheurs et des généalogistes engagés dans la préservation de cette histoire.
Parmi les structures ayant participé à cette identification figurent notamment :
le Comité Marche du 23 mai 1998 ;
l’AMARHISFA ;
l’Association des professeurs d’histoire et de géographie de Guyane ;
le Collectif réunionnais des noms pour la mémoire.
Un héritage transmis aux générations futures
Au-delà de sa dimension historique, ce mémorial ambitionne de devenir un lieu vivant de transmission, d’éducation et de dialogue autour des mémoires de l’esclavage.
Il rappellera la nécessité de préserver les récits, les identités et les héritages issus de cette histoire douloureuse, tout en valorisant les combats menés pour la liberté et la dignité humaine.
L’inauguration du Mémorial national des victimes de l’esclavage est prévue au printemps 2027.
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Une mémoire tournée vers l’avenir
Le 10 mai n’est pas seulement une date de commémoration. C’est un moment de mémoire, de transmission et de réflexion collective autour d’une histoire qui a profondément marqué les sociétés caribéennes, ultramarines et françaises.
Se souvenir de l’esclavage, c’est rendre hommage à celles et ceux qui ont subi l’arrachement, l’humiliation et la négation de leur humanité. Mais c’est aussi reconnaître les résistances, les combats pour la liberté et les héritages culturels, humains et spirituels qui continuent de façonner nos territoires aujourd’hui.
À travers cette journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, Média Caraïbes souhaite participer à une démarche de transmission apaisée, constructive et tournée vers l’avenir. Car connaître l’histoire permet aussi de mieux comprendre le présent et de construire des sociétés plus justes, plus conscientes et plus solidaires.
Les mémoires de l’esclavage ne doivent jamais être enfermées dans le silence ou l’oubli. Elles doivent continuer à vivre à travers l’éducation, la culture, le dialogue et la valorisation des parcours humains qui ont permis à nos territoires de se relever et de bâtir leur identité.
En ce 10 mai, Média Caraïbes salue l’ensemble des initiatives mémorielles, éducatives et culturelles qui contribuent à faire vivre cette histoire avec dignité, respect et humanité.
Parce qu’une mémoire reconnue est aussi une mémoire qui rassemble.
Merci de votre fidélité et à très bientôt
La rédaction de Média Caraïbes
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